Petit changement, gros gains

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(Photo: http://www.innergycorporateyoga.com/blog/wp-content/uploads/2011/11/)

Un des plus grands défis qu’une direction d’école doit surmonter est de protéger le temps d’enseignement. C’est d’ailleurs une plainte commune chez les enseignantes et les enseignants: nous ne passons pas assez de temps en classe avec nos élèves afin d’arriver à réaliser nos objectifs. Développement professionnel, journées pédagogiques, rencontres des communautés d’apprentissage professionnelles (CAP) – tous des exemples d’activités pédagogiques importantes et nécessaires, mais qui nous empêchent d’être présents en salle de classe avec nos élèves. De plus, pour certaines de ces activités, nos profs doivent préparer de la planification pour la personne suppléante.

Est-il donc possible de surmonter ce défi? Comment faire sans bouleverser tout le monde, sans ajouter aux tâches de la direction et des profs, et sans enlever aux élèves de belles occasions d’apprentissage et de développement? Comment faire à l’intérieur de cette structure scolaire qui reste en grande partie inchangée depuis sa conception en 1892 par le «Committee of Ten» (https://en.wikipedia.org/wiki/Committee_of_Ten#Background). Pas certain.

Petit changement, gros gains

Faisons un inventaire pédagogique de quelques raisons pourquoi un prof ne serait pas avec ses élèves dans sa salle de classe:

  • Journées pédagogiques (pas d’élèves à l’école)
  • Développement professionnel (formations)
  • Rencontres pédagogiques (planification des projets pédagogiques – enquêtes, parcours, etc.)
  • Rencontres de certains comités (enfance en difficulté, gestion du comportement, etc.)

Serait-il possible de faire ces activités sans perdre une minute de temps d’enseignement? J’ai entretenu plusieurs discussions portant sur cette question avec des profs, des directions, et même des parents. En général, une idée commune ressortait: quel serait l’impact si le personnel scolaire avait une heure de travail d’équipe après le départ des élèves en fin de journée? Je trouve l’idée intéressante!

Mise en contexte: prenons l’exemple d’une école élémentaire dans laquelle les classes débutent à 8 h 45 et terminent à 15 h 10. En général, la routine du départ est terminée par 15 h 30, et nous aurions ensuite une heure, à tous les jours, durant laquelle on pourrait faire, par exemple:

  • Du développement professionnel (formation)
  • Rencontres pédagogiques (planification des projets pédagogiques – enquêtes, parcours, etc.)
  • Rencontres de certains comités (enfance en difficulté, gestion du comportement, spectacle de Noël, etc.)
  • Réunions mensuelles du personnel

Avec une bonne co-planification, nous pourrions établir un calendrier de ces activités pédagogiques de septembre à juin, travaillant ensemble à réaliser nos objectifs pédagogiques identifiés dans notre plan d’amélioration ainsi que notre plan d’apprentissage professionnel. Fini la pêche aux suppléants, le temps manqué avec nos élèves, la préparation supplémentaire, le temps de préparation perdu! On fait ceci tout au long de l’année entre 15 h 30 et 16 h 30 – pas d’élèves dans les classes, pas de perte de temps d’enseignement. Il faut faire de la place pour notre développement professionnel et la réflexion pédagogique! De plus, il y aurait des économies importantes chez les conseils scolaires.

Bien sûr, il n’y aurait pas des rencontres tous les jours. C’est alors qu’un prof pourrait s’engager dans d’autres activités pédagogiques/parascolaires pendant cette heure, par exemple:

  • Corrections
  • Planification
  • Rédaction des notes et commentaires des bulletins
  • Entraînement d’une équipe sportive
  • Rencontres de clubs

Si nous arrivons à accomplir plus de travail à l’école, alors nous en aurions moins à faire à la maison, par exemple le “crunch” du temps des bulletins serait potentiellement beaucoup moins intense (nous n’aurions même plus besoin des journées pédagogiques pour la préparation des bulletins – des journées de plus avec nos élèves!). Je me demande si, en général, le niveau de stress chez le personnel diminuerait?

Pensez-vous que cette approche pourrait fonctionner dans nos écoles secondaires aussi? La structure du système scolaire changera-t-elle un jour afin de pouvoir mettre en place une telle approche? Quels sont les avantages et les désavantages? J’aimerais beaucoup lire vos pensées!

«Si vous ne risquez rien, vous risquez encore plus.» 

Faouzi Skali, écrivain

Prendre un moment de réflexion en ce début d’année scolaire.

(utilisé avec permission – Sketchnote par Sylvia Duckworth)

Voilà qu’une autre année scolaire débute! Pour la direction d’école, la panoplie d’activités et de taches d’organisation se poursuit depuis le mois d’août: finalisation des horaires, communiqués aux parents, organisations des salles, inscriptions, transport scolaire, réunion du personnel, le plan d’amélioration de l’école, l’intégration de la technopédagogie, et j’en passe des chapitres. Bref, nous nous baignons en très grande partie dans la gestion de notre école, et on s’entend que cette gestion n’arrête pas en septembre.

Ce n’est donc pas surprenant de constater qu’en début d’année scolaire, la réflexion professionnelle n’est pas tellement une priorité pour la direction. Cependant, elle demeure un élément important en cette période cruciale de démarrage.

Je vous propose donc de prendre seulement quelques instants afin de réfléchir aux questions suivantes. Ces questions proviennent d’un billet du blogue de George Couros (bit.ly/5leaderquestions) que j’ai découvert il y a quelque temps. Je vous suggère de le consulter afin d’approfondir davantage votre réflexion.

(traduction libre des questions)

  • Pour favoriser des relations saines et efficaces – Quels moyens allez-vous prendre pour tisser des liens avec votre communauté scolaires?
  • Pour développer un leadership pédagogique – Quel projet/initiative pédagogique pourriez-vous mener cette année dans votre école?
  • Pour incorporer un leadership visionnaire – Comment allez-vous communiquer la vision de l’enseignement et de l’apprentissage dans votre école?
  • Pour développer la capacité de leadership – Comment allez-vous développer la capacité de leadership chez les membres de votre personnel?
  • Pour créer un changement positif durable – Quels impacts positifs seront évidents dans votre école après votre départ?

Et j’ajoute une dernière question:

  • Pour développer un leadership à l’ère numérique – Quelles stratégies allez-vous adopter afin de devenir un leader pédagogique à l’ère numérique?

Réservez-vous donc quelques minutes, chers collègues, pour vous poser ces questions. Réfléchir, c’est bon pour la santé professionnelle.

Gérer ton école pour développer les compétences à l’ère numérique de tous

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Plus que jamais, une direction d’école est appelée à développer ses compétences afin de guider et d’accompagner son personnel vers un virage à l’ère numérique. Il existe une panoplie de ressources sur le sujet – lectures professionnelles, infographies, gazouillis sur Twitter, tableaux dans Pinterest, et j’en passe. Malgré ceci, la question qui me revient le plus souvent lorsque je discute avec les directions d’écoles est la suivante: comment vais-je le faire dans ma pratique, de jour en jour?

Cette question me fait penser à une citation d’Eric Sheninger (Digital Leadership: Changing Paradigms for Changing Times):

“I don’t find the time to learn and get better. I make the time to learn and get better.”

Mais comment “faire” le temps? Ce n’est pas évident du tout pour une direction d’école.

À mon humble avis, je crois que la solution réside dans l’innovation: non pas dans le sens de donner naissance à quelque chose de complètement nouveau, mais de prendre un processus déjà en place dans l’école et le transformer.

Prenons comme exemple quelques éléments de la gestion d’une école: les réunions du personnel, le développement professionnel, les rencontres des équipes pédagogiques, le plan d’amélioration de l’école, les rencontres des divers comités, etc. Traditionnellement, ces éléments prennent une bonne partie du temps de la direction d’école, et la communication des activités de plusieurs de ceux-ci ne se fait pas globalement avec l’ensemble du personnel de l’école. Est-il alors possible de transformer la gestion de ces éléments afin de créer ou enrichir une culture d’école qui promeut la transparence, l’engagement ainsi qu’un état d’esprit de développement, et ce, à l’aide de la technologie? Est-ce que cette transformation pourrait même libérer du temps de gestion afin que la direction puisse s’en servir pour des activités pédagogiques?

Imaginez les propositions suivantes:

  • des réunions sans papier
  • un seul document pour gérer TOUS les éléments énumérés ci-haut
  • les membres du personnel peuvent collaborer et partager des ressources pour le développement professionnel et ce, dans un seul endroit
  • les membres du personnel participent activement à une communauté virtuelle d’équipe
  • les membres du personnel peuvent se consulter et partager leurs pratiques gagnantes
  • tous les membres du personnel sont informés des activités de toutes équipes pédagogiques dans l’école ainsi que tous les comités et autres activités
  • augmenter l’efficacité et l’efficience des activités de la direction d’école

Je peux vous confirmer que tout ceci est possible: la gestion de tous ces éléments à partir d’un seul fichier, partagé avec l’ensemble du personnel de l’école. Un fichier dans lequel chaque membre du personnel peut consulter et contribuer 24 heures par jour, 365 jours par année. Un fichier qui est “vivant” et à jour au niveau de toutes les activités scolaires.

Je partage avec vous un bloc-notes OneNote (Microsoft) que j’ai créé et que je partage avec les directions en province: (si le lien ne fonctionne pas, vous n’avez qu’à communiquer avec moi par courriel et je vous ferai parvenir le fichier)

OneNote collaboratif pour direction

Ce fichier est un excellent point de départ afin de transformer certaines pratiques de votre gestion d’école et contribuer au développement des compétences à l’ère numérique chez les membres de votre personnel. Je vous invite à télécharger une copie et de la modifier selon vos besoins et votre réalité.

Bon succès! N’ésitez pas de me laisser un commentaire.

Mentalité de croissance chez une direction d’école

J’amorce ce billet avec une citation de Seymour Papert:

“The role of the teacher is to create the conditions for invention rather than provide ready-made knowledge.”

Réfléchissons pour quelques instants sur ce que cette citation impliquerait en terme d’actions chez nos enseignantes et enseignants auprès des élèves.

Une mentalité de croissance prétend que l’intelligence peut se faire développer, tandis qu’une mentalité de croissance fixe prétend que l’intelligence est fixe ou innée. (Voir l’infographie suivante pour en apprendre davantage) Si nos enseignantes et enseignants provoquent en salle de classe les conditions favorisants la création (ou l’invention), des occasions rêvées pourraient se présenter afin de développer la mentalité de croissance des élèves. Mais comment faire?

Remettre en question notre mentalité de croissance fixe: pas facile!

Ce n’est pas facile de remettre en question nos approches d’état d’esprit fixe envers quelque chose (par exemple, une activité quelconque de mathématiques qui fonctionne bien la plupart du temps, année après année). Si nous persistons avec ces approches fixes, nous programmons (conditionnons) ainsi nos cerveaux, et faire autrement (remettre en question) devient de plus en plus difficile. Mais construire et répéter des approches d’esprit de développement les rend fortes et puissantes, et ceci peut être appliqué dans toutes les facettes de la vie. Je vous invite maintenant à visionner ce puissant TED Talk: http://youtu.be/pN34FNbOKXc

Et pour la direction d’école?

La direction d’école doit elle aussi prioriser son état d’esprit de développement. De plus, elle doit faire le “zoom out” sur son école et voir comment elle peut encourager le personnel et les élèves à développer leur état d’esprit de développement. Voici quelques questions de réflexion (via @garnet_hillman sur Twitter – traduction libre):

  • En 140 caractères, quelle est ta définition d’un état d’esprit de développement?
  • Quel est le rôle de l’humilité envers un état d’esprit de développement?
  • Un membre du personnel, face à une tâche, te dit: ” Je ne suis pas capable ou je n’ai pas le temps”. Comment pourrais-tu réagir?
  • Si tu as un membre du personnel avec un état d’esprit fixe, quelle serait ton approche?

Afin d’appuyer et inspirer les directions d’école à développer leur état d’esprit de développement, je partage avec vous la matrice d’intégration des technologies (MIT) pour directions: MIT Directions, développée par l’initiative Destination Réussite Volet 2.

Comme leader de ton école, quelles sont les composantes clés d’un état d’esprit de développement que tu prévois mettre en place?

Why developing a PLN (Professional Learning Network) should be a priority for principals

Recently I have decided to “up” my contribution on Twitter.

When I first started on Twitter a couple of years back, my objective was to learn as much as I could, during the few moments that I could spare. Between the many tasks a school administrator has, I would try to take a moment and read a few interesting tweets: between classroom visits, walking down the hallway, while eating a quick snack, after a conversation with a student, or before a parent council meeting. At home, it would be between my kids hockey games, while I was preparing dinner, helping with homework, or putting the last load of laundry in the dryer. In other words, it was not easy, and I certainly was not consistent. However, I persisted, and today I am glad I did. Eventually, reading tweets became imbedded in my daily routine, and I even found myself commenting on a few of them! I was learning some great tricks from other administrators. This, for me, was some great professional development. It was invigorating!

The more I read on Twitter, the more I had the feeling that I wanted to contribute to this awesome professional learning network. How would I do this? How would I find the time to do it? It turns out that it was a lot easier than I expected, and I assure you that if I as a principal can do it, so can you!

Upon reading a tweet from a person I was following, I noticed that it was in the form of an answer, followed by a hashtag and a keyword (Click here to find out more). I decided to investigate this keyword and clicked it. Wow! I soon realized that I was looking at a live professional discussion pertaining to a specific topic (the keyword after the hashtag). I started reading some of the answers and decided to join in.  It was great! I had immediate feedback, and found myself having 5 new followers, all in the education field. Best of all, it had taken about 20 minutes to do this. What a great investment of my time! I just had to try it again! That night, I sat down in the living room with my wife (kids tucked away in bed), iPad mini in hand and found a great discussion topic within the people I was following. I jumped in, read some answers, posted some of my own, and interacted with some great people. All while talking with my wife, and watching a little tv. I realized that this is exactly the type of professional learning I needed, at my pace and at a time of my choosing. If I missed anything, I could come back an read all the tweets at a later time. Best of all, I found out that some of these discussion forums were scheduled at the same time every week.

I soon found myself sharing what I was doing with my colleagues, and I hope to be able to share with as many people as possible. My PLN has since grown, and I have discovered a rich resource of knowledge and ideas that have a direct impact on my day to day work, and I feel energized and connected.

If you haven’t already done so, I highly recommend you try this. If you need any help whatsoever, you can find me on Twitter, my username is @jprofnb

If I can do it, so can you. I’m even blogging now!

Retour vers le futur

George Couros (@gcouros) a mis sur pied une très belle initiative sur Twitter. Cette initiative, nommée “Education in 30 seconds” (#Eduin30), consiste à présenter de courtes capsules de 30 secondes en réponse à la “question de la semaine“. La nouvelle fonction vidéo de Twitter est exploitée afin de produire ces capsules de partage de nature éducative. En voici un exemple: https://twitter.com/jprofNB/status/583311737698549760 (j’ai cité Twitter comme un exemple, réalisant après que Twitter n’existait pas en 1997!)

Voici la question posée pour Semaine 4 (#Eduin30w4):

Que ferais-tu de différent si tu pouvais retourner et reprendre tes premières années d’enseignement?”

Immédiatement après avoir lu cette question, deux idées me sont venues en tête. Ces deux idées (ou stratégies) auraient eu un impact important sur mon enseignement ainsi qu’auprès de mes élèves.

Développer mon RAP (Réseau d’apprentissage professionnel)

En 1997, je ne parlais pas de “communauté d’apprentissage professionnelle” (CAP). Twitter et Facebook n’existaient pas, mais nous avions internet, donc accès à tout un monde d’information et de réseautage. En 1997, mon réseau d’apprentissage professionnel était formé de quelques membres du personnel de mon école, c’est tout.

À refaire, je rechercherais, ou même créerais des réseaux de développement et d’échanges pédagogiques sur internet et dans mon école. Je communiquerais avec des experts de la matière que j’enseignais (qui était la chimie) afin de développer des partenariats avec eux et d’offrir des occasions d’apprentissage authentique pour mes élèves. Je chercherais aussi à développer de tels réseaux pour mes élèves.

Partir des passions et intérêts des élèves pour guider l’enseignement

En 1997, je crois que je livrais un enseignement de la chimie qui était à la fois engageante et stimulante. Pour moi, ma passion, c’était (et est encore) les sciences. Et si, en 1997, j’avais pensé à découvrir ce qui passionnait mes élèves au sujet de la chimie? Quelles expériences en laboratoires seraient pour eux engageantes et stimulantes? Et si j’avais laissé plus de place pour l’exploration?

Malgré ceci, je crois que mes élèves ont beaucoup apprécié mes cours, et que j’aurais même éveillé une passion en eux pour les sciences (j’ai une ancienne élève qui termine présentement son doctorat aux États Unis en sciences médico-légales). Cependant, avoir mis en place ces deux stratégies, combien plus d’élèves auraient été inspirés davantage?

Et toi, que ferais-tu de différent?