Que cultives-tu vraiment à l’intérieur de toi-même ? Qu’est-ce qui pousse, là-dedans ? Ces deux questions me sont venues à l’esprit en lisant la publication suivante:
De façon générale, le principe du leadership nous incite tout d’abord à nous développer nous-mêmes. “Il faut ajouter de la valeur à soi-même avant d’ajouter de la valeur aux autres” dirait John Maxwell, autorité très bien connue en matière de leadership. Et croyez-moi, il existe plusieurs façons pour le faire: conversations, coaching, formation, mentorat, lecture, blogue, podcast, et j’en passe. En autres mots, ce n’est pas du contenu qui manque pour remplir notre verre. Ce qui m’a incité à réfléchir sur cette publication, c’est le fait que ce contenu que nous choisissons afin de remplir notre verre doit avoir une signification marquée pour nous. Il ne faut pas le remplir pour la simple raison de le remplir. Ce contenu devrait représenter les valeurs que nous préconisons ET QUE NOUS VIVONS, chaque jour. Car à un moment donné, nous aurons à avoir recours à ce que nous développons en nous. Et quand ce temps viendra, bien c’est une chose de parler une grosse game, et toute une autre de la jouer, surtout sous pression.
Si c’est vrai que nous sommes ce que nous consommons, qu’est-ce qui va s’échapper de ton verre quand tu seras mis à l’épreuve ? Chez les personnes pour qui ce contenu est superficiel, c’est habituellement quelque chose de différent de ce qu’ils prêchent, incitant donc l’expression: “ses vraies couleurs ressortent”. Alors pourquoi une personne choisirait-elle de remplir son verre ainsi ? Voici quelques idées qui me viennent en tête.
Prendre des raccourcis: Dans un monde de gratifications instantanées, la tentation de prendre des raccourcis est omniprésente, malgré nos bonnes intentions. C’est le cas pour une personne qui souhaite grandir, mais qui manque en patience pour consacrer le temps et l’effort nécessaires afin de cultiver ses compétences. Ce qui en résulte, c’est l’ajout de ce que je nomme “du bruit sans substance”. Par exemple, nous pouvons prendre connaissance de multiples stratégies pour la gestion du temps, mais sans les appliquer aucunement nous-mêmes. Quand vient le temps d’accompagner une autre personne à élaborer un processus de gestion du temps, nous sommes en mesure de suggérer plein de choses. Mais qu’arrive-t-il si ça ne fonctionne pas ? Qu’allons-nous dire à cette personne ? Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de pouvoir nous appuyer sur notre vécu, car c’est non-existant: il n’y a pas de substance. Notre désir de vouloir être équipé pour aider les autres peut nous amener à prendre le raccourci de la quantité au lieu de la qualité. Ce que nous devons réaliser, c’est que la quantité peut nous soutenir qu’à la surface. Quand les choses iront moins bien et que les failles apparaîtront, nous ne serons pas en mesure de bien accompagner la personne ni d’exercer l’influence voulue.
Submergez-vous pleinement dans vos apprentissages en appliquant les principes et/ou stratégies dans votre quotidien. Le résultat, c’est que ça ajoute de la substance à ce que nous prêchons. Vaut mieux aller 1 km en profondeur que d’aller 1 km en largeur. La meilleure expérience demeure l’expérience évaluée.
Perceptions: Toute personne a le besoin fondamental de se sentir importante. Un des meilleurs sentiments que nous puissions ressentir, c’est celui à la suite d’avoir aidé quelqu’un, d’avoir fait une différence positive dans leur vie. En autres mots, nous avons été importants pour quelqu’un. Toutefois, lorsque le besoin d’être important prend le dessus, ça nous mène à prendre un raccourci: celui de remplir son verre dans le but de paraître important dans les yeux des autres. Finalement, cette approche n’est qu’une façon de combler un besoin personnel, et non pas un besoin d’aider les autres. Ce qui est dangereux ici, c’est que cette motivation égoïste peut nous amener à avancer des propos dont nous ne possédons ni les connaissances ni l’expérience. C’est important de comprendre que la fausse image que nous projetons ici peut tout de même gagner la confiance de certaines personnes qui ne sont pas en connaissance de cause. Alors dans le but de bien parraître, nous pouvons leur faire beaucoup de tort. Avant même de remplir notre verre afin de grandir, posons-nous la question suivante: qu’est-ce qui me motive, vraiment, à la faire ?
Manque de confiance: Imaginez que vous avez un couteau suisse rempli d’outils : une petite scie, un tournevis, un tire-bouchon, une lime. Toutefois, lorsque vous faites face à un défi, vous essayez tous les outils en même temps au lieu de choisir l’outil le plus approprié, sans jamais vraiment maîtriser l’un d’eux. Résultat ? Vous perdez du temps, gaspillez de l’énergie et n’avancez pas vraiment. C’est ce qui se passe lorsque le manque de confiance nous pousse à accumuler des stratégies, des formations ou des ressources, sans jamais les approfondir. Au lieu d’affiner nos compétences, nous encombrons notre verre de solutions superficielles qui nous donne un faux sentiment de confiance, et qu’en réalité ne nous permettent pas d’évoluer.
En fin de compte, ce que nous développons en nous influence non seulement notre croissance, mais aussi notre capacité à influencer les autres de manière authentique et significative. Remplir notre verre ne doit pas être un simple exercice d’accumulation, mais un processus intentionnel ayant à la base nos valeurs et nos expériences vécues. La profondeur doit toujours l’emporter sur la quantité, et l’authenticité doit toujours l’emporter sur l’apparence.
Mon petit défi pour toi: la prochaine fois que tu choisiras du contenu pour alimenter ta croissance, pose-toi la question suivante : lorsque tu seras sous pression, qu’est-ce qui débordera de ton verre ?
